Livre du week-end : Mélancolie Française par Eric Zemmour

J’avais du temps de libre pour lire autre chose qu’un des excellents manuels d’Unix conseillés par un de mes collègues pour peaufiner mes aptitudes et j’ai donc décidé de lire ce livre « polémique » écrit par Monsieur Zemmour.

J’ai aussi regardé quelques émissions télé où monsieur Zemmour s’est fait prendre à parti violemment parce qu’il serait fasciste ou d’extrême droite. Je ne sais pas s’il faut aller si loin. Il a en fait le malheur d’ouvrir la boite de Pandore et de poser les vraies questions qui fâchent sur notre société. Pour que nous puissions avancer dans la paix plutôt que dans le conflit et la douleur, elles devront tôt ou tard être résolues.

Mon avis est qu’il est bien plus simple de coller une étiquette sur quelqu’un qui parle librement et expose un point de vue,  que de débattre avec lui et de prouver qu’il a raison ou tort. Comme aimait à dire Voltaire :

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire »

Monsieur Zemmour, éditorialiste au Figaro Magazine et à RTL, est aussi l’un des chroniqueurs de l’émission  » On n’est pas couché  » et de l’émission politique  » Ça se dispute  » sur itélé. Il a notamment publié « Petit frère » (Paris, Denoël, 2008), « Le Premier Sexe » (Paris, Denoël, 2006), « L’Autre » (Paris, Balland/Denoël, 2004).

Sous le titre de ce livre se cache une analyse de notre malaise de société. Il s’appuie sur une étude historique des grandeurs et chutes de notre nation.

En préambule :

 » Si vous n’êtes romain, soyez digne de l’être « . Pendant quinze siècles, ce vers de Corneille a porté l’ambition française : être reconnue comme l’héritière de Rome, de son Etat, de sa langue, de sa manière unique d’assimiler les étrangers – à la fois hautaine et égalitaire – et même de sa façon d’imposer la paix en Europe. Dans son style à la fois documenté, précis et paradoxal, Eric Zemmour raconte cette obsession autour de laquelle s’est tissé notre roman historique national. Philippe Auguste, Louis XIV, Napoléon, Clemenceau croient toucher au but. Mais à chaque fois un croc-en-jambe les fait chuter, tantôt la puissance anglo-saxonne – notre  » Carthage  » – ou bien la force allemande – notre meilleure élève. A chaque fois aussi, la France s’invente des raisons d’y croire à nouveau, que celles-ci s’appellent les colonies, de Gaulle ou l’Europe. Sauf qu’aujourd’hui la mécanique impériale est cassée. Comme si nous vivions déjà à l’heure de la chute de l’empire, submergés par de nouveaux  » barbares « …

J’ai bien aimé cette lecture car elle aborde notre histoire sous un angle géopolitique qui n’est jamais enseigné en France. Dans notre éducation scolaire classique (collège et lycée) on nous apprends notre histoire mais brut de décoffrage, sans les dessous de l’histoire et les implications politiques, économiques et stratégiques de cette époque qui nous aideraient à comprendre que l’histoire n’est qu’une longue continuation et une répétition des évènements. Je vais citer un de mes auteurs antique préféré qui n’est autre que Cicéron (-55 Av JC). Oui  je sais, ce ne sera que la seconde fois sur ce blog mais il est bon de rappeler certaines choses.

« L’histoire est le témoin des temps, la lumière de la vérité, la vie de la mémoire, l’institutrice de la vie, la messagère de l’antiquité. »

« Ignorer les événements qui se sont passés avant votre naissance, c’est rester toujours enfant. « 

Mais ce n’est pas la seule raison  de cette lecture, elle pose clairement les bonnes questions qui sont systématiquement non débattu en France, car catégoriquement non discutable à la méthode TINA (There Is No Alternative /il n’y a pas d’alternative), ou bien à la « bien pensante ».

Pour tout ceux qui ont envie de participer au non débat actuel sur notre avenir en tant que Nation Française, républicaine et laïc dans un ensemble Européen et qui ont envie de lire autre chose qu’un recueil TINA, manuel du parfait petit libérale de la mondialisation, je le recommande comme un des livres à lire autant que le dernier livre de Monsieur Soros ou Attali dont je parlerai sur ce blog dans les prochaines semaines.

Bonne lecture et bon weekend.

Editeur : Fayard (3 mars 2010) / Broché: 251 pages / ISBN-13: 978-2213654508 / Prix conseillé: 17€

Les banques ne sont pas dans l’économie mais à côté.

Il est important de comprendre les banques (et les financiers/ la Finance en générale), ils ne jouent pas contre l’économie mais sont à côté.
La nature du produit (ressource agricole, industrielle, humaine) exploité/marchandé leur est égale.
Seuls comptent les tableaux de chiffres et de statistiques, voire les indicateurs établis par les agences de notations et autres agences gouvernementales.
Rien n’est étonnant quand vous regardez les bilans des banques : entre 70% et 80% de leur beurre est gagné sur le marché et uniquement celui-ci. Le temps où les banques soutenaient  l’économie réelle est fini. Elles se contentent de la vampiriser, chaque investissement se devant d’être rentable (15%++ de rendement annuel sinon on ferme!).
Avoir entendu, le jeudi 29 avril au soir, notre bon directeur du FMI déclarer :  » il ne faut pas trop croire les agences de notation » m’a laissé pantois.
Il est fondamental de  comprendre le message que les agences de notations ont fait passer  avec la dégradation de la note de l’Espagne: la Grèce à une chance sur vingt de faire faillite. Ce taux continue de monter y compris pour l’Espagne et le Portugal.
Il est important d’admettre et comme le disait si bien un expert allemand sur Arte : « la Grèce est un « tonneau des Danaïdes » et qu’elle est d’ores et déjà en cessation de paiement. La faillite n’est pas « déclarée », car « des mécanismes » permettent de la retarder, mais il faut croire que c’est comme si c’était fait. »
Gardons à l’esprit et comprenons que nos banques ont joué avec la Grèce. Le tableau est clair et la dégradation des notes du Portugal et de l’Espagne est une indication limpide du marché donnant un avertissement.
En rabaissant très vite  la note de l’Espagne, les agences de notations tentent de décourager la zone euro d’aider la Grèce en leur passant le message « attention si vous aider la Grèce, vous serez très vite dans l’obligation d’aider l’Espagne et le Portugal…». Ceci est insoutenable et ils le savent.
Pour terminer, le dernier point mais non le moindre : essayons de garder à l’esprit que le système financier considère l’état comme une entreprise et veut le forcer à se comporter comme tel, ni plus ni moins. Ouvrons les yeux et rendons-nous comptes des efforts que l’on a demandé de fournir à la Grèce. De ce qui lui a encore été demandé  et qu’elle a refusé à juste titre, puis finalement accepté.
Pour les banques l’état doit être rentable comme tout autre placement financier.

Je n’ai qu’une seule question : jusqu’à quand tout cela va continuer ? Connaissant tous les défis majeurs auxquels nous devons faire face (climatique, écologique, matière première, démographique etc…) n’y a t’il pas plus important ?

Pour 18€ une bonne lecture: Crise et mutation

Crise et mutation

C’est avec le plus grand plaisir que je vous annonce la sortie du livre de  Jean-Pierre Crépin célèbre auteur des rubriques nécronomiques, en coécriture avec Charles Antoni directeur des éditions L’Originel.

Sans plus attendre le petit résumé :

Dans cette correspondance d’un nouveau genre, Charles Antoni et Jean-Pierre Crépin, décloisonnant philosophie et économie, dressent un constat sévère et amusé d’un monde incapable de dessiner les contours d’une vraie politique de civilisation et contraint de muter sous l’impact d’une crise sociétale sans précédent.
L’homo-economicus est-il promis au bonheur ? Que peut-on installer de durable entre la consommation et la religion dans ce monde où la crainte des Dieux a été remplacée par la crainte du Marché ?

Les auteurs :
Charles Antoni, Directeur des éditions L’Originel, est l’auteur de nombreux ouvrages philosophiques.
Jean-pierre Crépin, ex-associé du Groupe de Marketing High Co, est un spécialiste de la mutation consommateur citoyen. Il est également l’auteur du Blog culte Nécronomie, sur lequel il chronique la crise après l’avoir annoncée dès 2005.

A lire, à relire, à mettre au coffre!
ps: je reviendrai plus longuement sur cet ouvrage et par la même occasion posterai une interview de nos deux comparses.

ISBN : 978-2-910677-86-2
PRIX: 18€
lien pour commander

Cafouillage au Sénat sur un vote, le retour du déni de démocratie ?

Notre Héroïne du jour, Merci Catherine Tasca! (crédit photo sénat.fr)

Notre Héroïne du jour, Merci Catherine Tasca! (crédit photo sénat.fr)

La présidente de séance qui est socialiste (Catherine Tasca) a sauvé l’honneur de la République, en refusant de faire revoter un amendement, sur le découpage des circonscriptions électorales, porté par un député communiste.

De quoi s’agit-il ici ? D’un vote qui n’est pas passé sur une réforme du découpage électorale qui remet en cause pas mal de choses au niveau de la façon dont nous élirons nos représentant au final.

Le gouvernement et la majorité ayant essayés de faire pression sur la présidente pour « refaire voter ce texte en prétextant une erreur de vote » (bis repetitas, voir ce sujet) et Luc Chatel de préciser que : «On pourrait peut-être éviter ce genre de trucs, et que le bureau du Sénat va se réunir [...] et normalement, on va pouvoir revoter»

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Les Héros de la Nécronomie 2.0 dans Obama et le Nobel de la Paix

Les Héros de la Nécronomie 2.0 par sruaux

Les Héros de la Nécronomie 2.0 par sruaux

source article du Figaro

Les Héros de la Nécronomie 2.0 dans l’insatisfaction sur les salaires.

Les Héros de la Nécronomie 2.0

Les Héros de la Nécronomie 2.0 par sruaux

Petit dessin , une autre façon de parler de la crise.

source: une petite brève du Figaro

La mondialisation: La destruction des emplois et de la croissance : l’évidence empirique

Maurice Allais

Maurice Allais

J’ai pris beaucoup de plaisir à voir sortir cette semaine dans Marianne (N° 659 du 5 au 11 décembre 2009) quelques pages sur l’homme qu’est Maurice Allais. Ce prix Nobel d’économie qui a tant écrit sur la mondialisation (et qui a été témoin de la grande crise de 1929), étant à la fois libéral et socialiste comme il se décrit lui-même le reste de sa biographie ici .

J’en profite pour vous faire découvrir ce livre qui est sorti en 1999 « La mondialisation: La destruction des emplois et de la croissance : l’évidence empirique » 647 pages prophétique sur cette crise. Je me permets ici de poster l’avant propos du livre :

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D’une crise Financière à une crise de Civilisation.

D’une crise Financière à une crise économique en passant par une crise de matière première tout en faisant une halte remarquée par une crise climatique … Il est de plus en plus évident que nous faisons face à une crise sociétale mais plus précisément La Grande Crise de Notre Civilisation.

En ce dimanche pluvieux après avoir pris le temps de penser à tous ces derniers mois et ces livres lus et relus, ces sites d’informations consultés et autres médias pertinents, il est de plus en plus clair que nous sommes victimes de notre propre vision du monde. Le siècle dernier était celui de l’industrialisation et de la globalisation, la mise en place du capitalisme et du libéralisme pour tous, même si dans la réalité il n’a été que de façade et limité à ceux qui pouvait en profiter (je nous y inclus). De part ce fait, il est vite devenu évident que le travail en lui-même devenait une tache avilissante, et que la génération d’après se devait de faire mieux que leurs ainés en matière d’efficacité de production pour avoir à utiliser de moins en moins leur main mais plutôt leur tête. Un allié utile allait apparaître pour concrétiser ce vieux rêve du fordisme, l’informatique et l’automatisation qui en découle et ce qui c’est avéré vrai pour l’industrie s’est avéré encore plus exact pour le monde financier qui est passé de l’armée de banquier, guichetier et de comptable à de puissants calculateurs informatiques, pour passer de l’âge du livre de compte a celui de l’industrie financière.

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