Peu de temps et déjà un premier commentaire qui questionne notre petit post-scriptum dans notre introduction. ThomaK WarheaD dit:
Bien bien … Je voudrai pas commencer par polémiquer mais en gros tous les thèmes ne peuvent donc pas être abordés … Oui je sais, je suis un gros chiant, et je sais comme vous que contrairement à ce que l’on affirme, l’internet est souvent loin d’être un espace de totale liberté.
C’est effectivement le cas, et ce indépendamment de notre volonté puisque la France à fait le choix de criminaliser certains propos. Puisque nous modérons ce site la justice pourrait nous tenir pour responsable des écrits qui y sont postés.
Le débat sur les limites éventuelles à poser à la liberté d’expression est passionnant. Je dois personnellement dire qu’au pays de Voltaire (”Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire“) ou de Robespierre (”Le droit de communiquer ses pensées, par la parole, par l’écriture ou par l’impression, ne peut être gêné ou limité en aucune manière“) ces choix si restrictifs me désolent. Comment dénoncer convenablement, c’est à dire par un débat d’idées, des concepts abjects que l’on a rendu souterrains?
Car comment oser les contredire? Comment donc s’opposer a ceux qui incarnent les droits de l’homme, et la morale? Car l’amalgame est facile et on a vite fait d’être soupçonné de défendre l’indéfendable. En réalité on tue tout débat sur la question. Ce véritable “autisme militant” est synonyme d’un des maux de ce début de XXIème siècle : La censure des bien-pensants, pour reprendre le titre de l’excellent ouvrage de Robert Ménard et Emmanuelle Duverger.
On crée des tabous dans lesquels les amalgames, la caricature et l’obscurantisme deviennent le refuge des pires dérives. Par exemple, parler ouvertement et franchement d’immigration en France a longtemps été impossible tant il est difficile d’aborder le sujet sans se faire immédiatement honnir sous l’étiquette infamante de “raciste“. Que l’on ne se méprenne pas, je méprise le racisme et la haine ordinaire, mais le simple fait que je me sente obligé de m’en justifier ainsi est pour moi preuve de ce que j’avance.
Pour approfondir la réflexion sur le sujet, et découvrir à quel points les abus et les dérives de ce système sont effrayants je vous renvois à l’ouvrage déjà cité “La censure des bien-pensants” chez Albin Michel.
Ce qui m’intéresse ici cependant, c’est pourquoi considère-t-on qu’il faudrait protéger le Français moyen de certaines idées? N’est-il pas un individu doué de réflexion au même titre que son censeur? Qui décide et en quel nom?
Un certain groupe d’individus se sent illuminé d’une telle certitude de supériorité idéologique et morale qu’il en perd les repères et les principes fondamentaux de ce qui a constitué la lutte de la France contre l’obscurantisme au siècle des lumières. Sous couvert de certitudes on pratique ce que l’on dénonce. Même si je partage certaines de ces certitudes, je ne peux franchir le pas de bannir les idées noires, et l’intolérance avec l’intolérance est une contradiction qui devrait au minimum suciter un grand débat. Malheureusement, investi d’une mission pour défendre le public envers lui même, nos élus ont conclu: on ne peut être que pour ou contre.
Ce reflexe hautain, élitiste, supérieur qui consiste à “penser pour vous“, puisque manifestement nous en sommes bien incapables, est pour moi en grande partie responsable de l’incommensurable mur qui s’élève dans le débat d’idées dans notre pays. Nous y reviendrons.
Julien Ellie